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Histoire des peuples et des civilisations

Premier chapitre (extraits)

Histoire des peuples et des civilisations

Par-delà la préhistoire

Comme nous l’avons signalé, H. P. Blavatsky fit scandale en avançant dans sa Doctrine secrète un certain nombre de nouvelles hypothèses absolument incompatibles avec les découvertes de l’époque. Ce qui faisait le plus problème, tant pour les savants que pour les théologiens, concernait la date de certains événements touchant l’histoire de l’humanité. Depuis ces révélations, les personnes intelligentes des deux bords préfèrent garder un silence prudent, compte tenu des découvertes récentes dans diverses branches de la science comme l’archéologie, la paléontologie ou l’astronomie. Cet arsenal de nouvelles technologies étayées par toute une gamme de méthodes ultra-sophistiquées utilisant satellites et ordinateurs est désormais capable de percer certains mystères de l’existence en dehors des conceptions de l’Église, qui, pendant des siècles, a freiné la recherche. Chaque jour les dates avancées jadis par les infaillibles possesseurs du savoir sont remises en question et l’on attribue un passé de plus en plus lointain à l’histoire du monde et de ses civilisations. Ces dates, fort heureusement, vont dans le sens de la science sacrée des sages et des anciens, et rejoignent en partie les thèses de La Doctrine secrète.

Voilà à peine un siècle, un grand nombre de savants occidentaux, fiers de leur suprématie intellectuelle, acceptaient comme base scientifique l’idée (biblique) d’une Création du monde d’un peu plus de six mille ans. On comprend les réactions de la communauté scientifique et de l’Église, lorsqu’ils apprirent sous la plume de H. P. Blavatsky que la race aryenne (qui pourtant n’était que la cinquième d’une série de sept) remontait à près d’un million d’années. Il existait même des théories, comme celles de J. de Morgan, qui situaient l’invasion aryenne en Inde entre le XIIe et le XVe siècles de notre ère. De nos jours, les tenants de l’invasion aryenne avancent une période située entre les XVIIe et Xe siècles avant J.-C.

Il y a seulement un siècle aucun savant n’admettait qu’il ait pu y avoir une science qui, dans le passé lointain, ait égalé celle de l’Occident. Lorsqu’ils découvrirent des preuves de leurs erreurs, ils en minimisèrent l’importance et en réduisirent l’ancienneté. Cette vielle habitude, qui n’a pas entièrement disparu, est néanmoins sur le point d’être réduite à néant par la science moderne qui progresse plus vite que les mentalités.

Émanation ou évolution

Pour Darwin, plus l’homme plonge dans son passé et plus il apparaît primitif et sauvage, et cela jusqu’à un ancêtre commun qui n’est plus le singe, lequel vient d’être relégué à l’état de simple cousin. Cette hypothèse n’a pas l’adhésion de tous les savants et plusieurs commencent à admettre, sans en comprendre les causes, que plus on remonte le temps et moins les conditions de dégénérescence se font sentir. Dans son ouvrage passionnant, La Bible a dit vrai, sir Charles Marston, célèbre archéologue, a largement démontré au cours de ses recherches que le passé semblait offrir une vision plus grande et plus belle des civilisations. Il observe :

« Ce qui tout d’abord nous frappe, c’est que le monothéisme (croyance en un Dieu suprême) précéda le polythéisme ou croyance en plusieurs dieux. Telles sont d’ailleurs les conclusions attentives et réfléchies auxquelles a abouti le Dr Langdon, professeur d’assyriologie à Oxford et l’une des plus grandes autorités en littérature cunéiforme et en tout ce qui concerne la période reculée de civilisation à laquelle correspond cette littérature. »

Sir Charles Marston, La Bible a dit vrai.

Au XIXe siècle déjà, sir Peter Le Page Renouf, le traducteur de l’antique Livre des Morts de l’Égypte écrivait :

« Il est d’une vérité incontestable que les plus sublimes croyances de la religion égyptienne ne sont pas le résultat d’une lente évolution au cours de laquelle les plus grossières auraient été illuminées. »

Ainsi l’idée d’un ancêtre ignorant, primitif et sauvage, s’avère maintenant bien friable et sur le point d’être dépassée par les toutes dernières découvertes de la science.

Histoire des peuples et des civilisations

Pour les philosophes et les ésotéristes, qui, eux, peuvent être considérés comme des scientifiques de la spiritualité, la théorie de Darwin est certes intéressante sur le plan matériel, mais c’est une hérésie sur le plan spirituel. Cette conviction, ils la doivent à une connaissance approfondie des écrits anciens, fruit de l’expérience d’anciennes civilisations et transmise secrètement de Maître à disciple via l’initiation. Pour ces sages, l’homme est essentiellement Esprit, et c’est dans ce sens que nous reconnaissons le bien-fondé de l’affirmation biblique, à savoir que l’homme a été créé à l’image de Dieu. Platon, qui était l’un de ces sages, explique clairement dans le Phèdre :

« Avant que l’Esprit de l’homme ne fût tombé dans la sensualité et ne fût incarné par suite de la perte de ses ailes, il vivait parmi les dieux, dans le monde aérien spirituel, où tout est Vrai et Pur. »

L’homme est essentiellement une monade, un point de pure conscience qui, de par le processus de l’involution dans la matière, se trouve emprisonné dans une forme terrestre constituée de cinq éléments. Si l’occultiste admet une évolution possible, cela ne peut se situer que sur le plan de la forme matérielle (évolution des règnes du minéral à l’humain). En ce qui concerne l’âme, elle n’évolue pas, mais s’éveille à sa perfection latente. Quant à l’Esprit, notre étincelle de divinité, il est parfait, absolu et immuable depuis toujours et à jamais. Nous posons donc comme une loi vérifiée que plus l’homme remonte à sa source, plus il réintègre son état réel et divin.

Grâce à l’enseignement sacré des anciens sages, nous savons que l’existence de l’homme et du monde est entièrement conditionnée par la loi de l’action et de l’inertie, celle de l’existence et de la non-existence. Les individus, les races, les royaumes, les civilisations, les religions naissent, atteignent leur maturité, déclinent et disparaissent à jamais, telle est la loi.

Voltaire admettait comme probable que « longtemps avant les empires de la Chine et des Indes, il y avait eu des nations civilisées, instruites et puissantes ».

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